mardi 5 mai 2015

Glace

Tout ce que j’aime a beau exister, la morosité recouvre tout d’un voile d’invisibilité.
Tout le monde est triste, soeur, mère, père, moi. 
Sommes-nous condamné à être des larmes ? 
L’air sent la chaleur et ma tristesse n’en est que plus absurde.
Est-ce que je devrais me faire “soigner” ? Est-ce que prendre des médicaments c’est soigner ? Je n’en suis pas si sûre.
Je ne veux d’aucune drogue. Mais parler, à quoi bon ? A quoi bon s’engager dans une spirale ventrale, narcissique. N’est-ce pas plonger dans la complaisance ? 
Et une fois que j’aurai tout dit, tout essoré, que me restera-t-il ? Je ne suis pas sûre d’être capable de vivre autrement. 
Le temps passe et je me rends compte que je cumule plus d’absurdités et d’échec que de réussites. Peut-être que je ne sais juste pas faire autrement.
Je veux bien apprendre mais je sens que la glace est trop dure, de nombreuses années l’ont formée.
Lac gelé, lac gelé.

jeudi 23 avril 2015

papa

Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai -presque- tout lâché.
J'étais en sanglot. Et maintenant je regrette.
Je ne doute pas que ça serve à quelque chose.

jeudi 26 mars 2015

Reflet

Je viens de me regarder dans le miroir et je ne me suis pas reconnue.
Qui suis-je ? Que suis-je ?

Explosion interne.

J'ai l'impression que l'on a posé une bombe dans mon jardin. Tout a pété, les fleurs, la joie, l'insouciance. J'ai l'impression qu'après avoir tout démolit on me dit "désolé.e", et que je devrais faire, agir, me sentir, comme avant. Comme si le fait d'avoir un trou dans le coeur était facile à gérer. Comme si c'était possible de reprendre la joie. Comme si j'avais été imperméable à l'explosion. Tout est défoncé, je suis fragile. L'angoisse m'envahit souvent. Je sens que je suis instable, tout a été ébranlé. J'ai envie d'exploser mais rien ne sort, j'ai dû être enterré sous les éclats.
J'ai une sorte de vide, à moins que ce soit le poids de la terre sur mon corps ?, qui me rends muette.
C'est peut-être l'explosion qui m'a rendue sourde, mais il y a, un vide dévastateur en moi.

jeudi 19 mars 2015

Les boîtes

Nous vivons dans des boîtes.
Les maisons, les appartements s'empilent comme des cubes.
Pile de cercueils,
d'animaux déjà mort avant d'avoir vécu.
Nous nous terrons dans notre boîte,
y apportant le confort nécessaire pour oublier
qu'il s'agit du cercueil.
Si nous n'arrivons pas  y amener l'illusion du confort éternel nous paniquons
et changeons avec le secret espoir
de trouver notre caveau de toujours,
celui dans lequel la mort nous trouvera
déjà habitué à elle.
Moi aussi j'aspire au nid douillet du linceul
et en même temps j'ai peur.
J'ai peur de cette aspiration à la mort.
J'ai peur de ces boîtes qui m'enferment.
De ces boîtes dont l'illusion n'est pas assez forte
pour me sauver de l'angoisse du vide.
J'ai peur de tous ces pantins dont je fais partie,
 j'ai peur de la façon dont moi aussi je m'enferme dans le cercueil.
Nous vivons dans des boîtes et passons de boîtes en boîtes,
toujours des boîtes, partout,
dans la ville, dans ma tête, dans mon cœur.
Je ne pense pas qu'il y ait une solution, seulement moi face
à l'angoisse de l'illusion.

mercredi 25 février 2015

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Lâche. Lâche. Lâche.
C'est tout ce que je suis. Mes lâchetés sont quotidiennes. Envahissantes. FUIRditelle. Fuir plutôt qu'affronter. Fuir plutôt que de prendre ses responsabilités. Je passe mon temps à faire la morale aux autres pendant que moi-même je ne me prends pas en main.
Les gens que j'oublis, mes silences, mon silence, tout ça n'est que lâcheté.
Et je ne lutte pas contre, je subis ma propre lâcheté, parce que j'ai peur, que je suis morte de trouille à l'idée de bouger une oreille.
Je suis pathétique.


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Je suis submergée par la fatigue.
Mes yeux me font mal alors que je n'arrête pas de dormir.
J'ai envie de pleurer.

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Et ça recommence.
Je suis tellement cyclique. Il suffit que je sois un peu trop fatiguée / désœuvré, et la tristesse revient. les envies de disparaître dans le lit, de me recroqueviller. De pleurer pour rien.
Je suis tellement prévisible dans mon malheur; tellement superficielle.
Il n'y a rien. Aucune vraie raison valable pour que je sois dans cet état et pourtant je le suis.
Je râle contre les gens qui ne vont pas bien mais je ne vaut pas mieux qu'eux.